Fin 2008, sur les hauteurs de Saint Mayme, battues par les vents, au lieu dit "les Vignes", Monsieur le Maire décide d'y faire planter 4000 pieds de vigne et des arbres fruitiers dans la noble intention d'y créer un conservatoire, agrémenté d'un endroit bucolique.
Il est vrai que remplacer l'antenne de téléphonie mobile, qui avait passablement chauffée les esprits, par des ceps de vignes, est une façon élégante de retomber sur ses pieds.
Enthousiasmé par son idée, Monsieur le Maire annonce aux Castonétois la récolte des premiers raisins pour 2012 et la dégustation du premier millésime en 2013.
Pour en arriver là, il faut travailler et entretenir la vigne. Monsieur le Maire y a réfléchi. Il n'y a plus qu'à créer une association de bénévoles chargée de biner, arracher, tailler, sulfater, surveiller ; reproduire en somme le travail du vigneron.
C'est sans compter que le Bénévole, devenu une espèce en voie de disparition, tarde à se manifester, redoutant certainement de se faire écraser par une bande de Yaka Faukon plus prompte à donner des ordres, qu'à s'impliquer mais n'hésitant pas à récolter les lauriers lorsque l'occasion se présente.
L'association n'a pas vu le jour, et sans elle l’entretien de la vigne devient incertain. Malgré tout les travaux de terrassement sont ordonnés début 2009 et la plantation de 2 000 pieds programmée au mois de mars pour clôturer le salon du vin. Une fois l’effervescence retombée, la vigne est abandonnée à son sort.
Six mois plus tard, on peut se rendre compte du spectacle désolant qu’elle offre au promeneur. Une partie des pieds ont séché, d’autres sont malades et ceux qui résistent doivent lutter contre la mauvaise herbe qui a tout envahi.
Il a certainement fallu un rappel à l’ordre pour que Monsieur le Maire prenne une décision modificative le 18 septembre 2009 afin d’engager une association chargée d’entretenir cette vigne moyennant 300 € par journée.
L’aventure se poursuit :
- février 2010 : Monsieur le Maire et quelques élus de la municipalité taillent courageusement les ceps dans le froid et la boue sous le regard de la presse. Entre temps, le ménage a été fait afin de cacher les stigmates du laisser aller.
- mars 2010 : 2 000 nouveaux pieds sont plantés à l’occasion du salon du vin, en présence des cavistes locaux et l’on promet de revenir en mai pour sulfater.
- Juin 2010 : la MJC lance un appel aux jeunes pour arracher l’herbe. Faute de bonnes volontés, le projet avorte.
- Eté 2010 : retour à la case départ. Il y a un bémol tout de même. En effet la parcelle située sous le terrain de bicross, le long de la route de Saint Mayme, est fraîchement travaillée et les jeunes pieds soigneusement alignés. La vitrine est belle. Mais attention, lorsque l’on pousse la porte le spectacle est tout autre. La mauvaise herbe continue ses ravages et une grande partie des ceps sont en mauvais état.
Dommage pour les Castonétois qu’un projet aussi coûteux (environ 70 000 €) parte ainsi en fumée à cause d’une trop grande impulsivité et d’un manque évident de réflexion. On dit qu’il faut laisser du temps au temps mais tout de même vu la somme investie ça fait mal au ventre.
Au cours du printemps 2010, Monsieur le Maire a été intronisé dans la confrérie des Echansonniers du Vallon de Marcillac. Pourquoi ne fédèrerait-il pas quelques vignerons mais aussi certains cavistes qu’il accueille à bras ouverts lors du salon du vin, sans oublier les adhérents du club d’œnologie de la MJC, autour de ce thème. Sans perdre de vue que l’action doit rester volontaire et bénévole puisqu’elle est destinée à créer du lien social.
Planter et s’occuper d’une vigne ne se décrète pas du jour au lendemain. Le travail du vigneron requiert du savoir faire, de la volonté et de la passion. Il demande une régularité au fil des saisons. Ce travail peut être accompli par tout un chacun, mais tout un chacun n’en a pas la vocation.

