Par cette délibération il s'agissait d'approuver le financement du projet par un BEA (bail emphythéotique administratif) sur 30 ans.
L'école du Stade a plus de 40 ans et cela fait 7 ans qu'elle aurait du subir d'importants travaux de rénovation. Cependant depuis 2004 les deux municipalités qui se sont succédées ont considéré qu'il valait mieux raser l'école et la reconstruire, laissant peu à peu les dégradations prendre de l'ampleur. Les terrains qui seront alors inoccupés feront l'objet d'un vaste projet immobilier avec les conséquences que cela suppose et il est prévu que l'école soit reconstruite près de la médiathèque en lieu et place de l'actuelle aire de jeux et de la cour de la maternelle.
Ce projet traine les pieds depuis le début du mandat mais acté dans la promesse électorale et régulièrement mis à l'ordre du jour du conseil d'école, il devient pressant de le réaliser.
Au nom des élus de l'opposition, Corinne Sauterel met en exergue que la municipalité n'a pas communiqué le montant de la construction et n'a pas fait état d'autres consultations concernant les modes de financement de l'emprunt.
Quiconque avisé ne peut ignorer qu'aux taux actuels du marché, un emprunt classique sur 20 ans permettrait à la collectivité d'économiser 35 % en moyenne sur le remboursement. Par ailleurs, le fait de contracter un BEA ne lui permet pas de récupérer la TVA.
Une fois le contrat BEA signé, la municipalité sera totalement déresponsabilisée du projet et la commune n'aura plus voix au chapitre pour faire d'éventuelles modifications en cours de construction si nécessaire.
Payer un loyer pendant 30 ans c'est long et il est à parier qu'au bout de ce temps la commune sera à nouveau au point mort avec un bâtiment obsolète. En d'autres termes, après s'en être mis plein les poches pendant 30 ans l'emphytéote remettra les clés à la commune qui deviendra propriétaire d'un équipement fatigué. Bon débarras !
Devant le manque de vision à long terme dont fait preuve la municipalité et avant qu'il ne soit trop tard pour en parler, les élus de l'opposition ont soulevé divers axes de réflexions.
La construction d'une école est un projet citoyen qui ne doit pas être la seule affaire de la municipalité. Elle doit réunir les élus, les enseignants et les représentants des parents d'élèves. Or à ce jour les quelques réunions qui ont pu avoir lieu soit avec les directeurs d'école, soit avec les représentants de l'APE n'avaient rien d'une concertation mais plutôt d'une mise devant le fait accompli.
Dans l'état actuel des choses et au vu des documents qui nous ont été remis, nous craignons que la nouvelle école ne réponde pas aux besoins de ceux et celles qui vont la vivre au quotidien ; c'est à dire les enseignants et les enfants. Remplacer une école primaire de plain-pied par un bâtiment à étages pose certains problèmes et pour n'en citer que quelques uns on peut parler du plan d'évacuation des enfants en cas d'incendie ou de l'accessibilité des personnes à mobilité réduite en dépit des ascenseurs, qui soit dit en passant sont incohérents avec la question des économies d'énergie et d'entretien. La gestion des récréations alternées va aussi être une difficulté supplémentaire à la concentration des élèves qui seront en classe.
Ce projet d'école important à l'échelle de la commune aurait dû faire partie des priorités. Or il passe après tout le reste et va être bouclé à la va-vite pour répondre à une promesse électorale garantissant très certainement une réélection future. Il est donc aisé de comprendre que l'on va se passer, si possible, de l'avis des uns et des autres considéré comme dérangeant et perte de temps.
Et les enfants dans tout ça ? Se soucie-t-on réellement de leur bien-être scolaire et de leur épanouissement ou vont-ils devoir subir les aléas d'un programme électoral ?
A bon entendeur salut !