Au diable l'avarice !
Lors du conseil municipal qui s'est tenu lundi 21 mars dernier, un seul dossier pouvait être qualifié de majeur : l'acquisition par la commune du hall EDF boulevard des Capucines.
Ce bien d'une superficie de 3 525 m2, comprenant une halle de sports de 1 250 m2, date des années 60 et constitue une enclave au milieu des propriétés communales qui s'étirent tout au long du boulevard des Capucines (restaurant scolaire, crèche, stade, école, tennis, salle des fêtes).
Depuis 2003, il est la propriété de la caisse mutuelle complémentaire et d'action sociale du personnel des industries électriques et gazières Aveyron Lozère. Pour faire plus simple, nous dirons du Comité d'action Sociale (CAS) EDF-GDF.
Peu utilisées et très vétustes, ces installations ne présentaient plus grand intérêt pour leur propriétaire. En revanche, de par leur situation, elles revêtaient un intérêt pour la commune, en qualité de réserve foncière, pour de futurs aménagements et équipements de quartier, notamment dans l'hypothèse d'une rénovation-réhabilitation de la salle des fêtes, qu'en tant qu'élus de la minorité nous appelons de nos voeux et que nous aurions préférée et priorisée par rapport à la construction d'un théâtre sur un espace inapproprié "riquiqui et engané".
Le fait de saisir une telle opportunité foncière est pour nous une évidence. Ce qui, par contre ne l'est pas du tout, ce sont les conditions d'acquisition de ce bien par la commune.
Quelques chiffres vaudront mieux que de longues phrases :
* prix d'acquisition par le CAS EDF en 2003 = 76 224,51 € (500 000 FF)
* Estimation du service des domaines du 2 mars 2011 = 110 000 € (721 522,70 FF)
* Prix demandé par le vendeur = 327 190 € (2 146 225,71 FF)
* Plus value pour le vendeur = 250 965,49 € (1 646 225,70 FF) soit + 329 % en 8 ans !
Pas mal pour un organisme à vocation sociale et solidaire géré par des syndicats. Mais après tout rien n'obligeait la commune à se plier aux exigences du vendeur. Et c'est là que le bât blesse.
En 2003 la commune aurait pu et nous disons aurait dû préempter ce bien au prix de la transaction dont elle a été sans nul doute informée. Monsieur le Maire n'ayant sans doute pas à cette époque une vision très large et à long terme du schéma de développement de ce quartier, n'a pas jugé bon de privilégier l'intérêt de sa commune à ceux du CAS EDF dont un de ses adjoints, lors du précédent mandat, était le responsable.
Aujourd'hui rien n'obligeait la commune d'accepter le prix exorbitant demandé par le vendeur. Il était encore temps de lancer une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique et faire fixer, par un juge indépendant, le juste prix pour cette transaction. L' opposition a estimé qu'une offre à 200 000 € eut été largement raisonnable d'autant plus que les frais ne vont pas s'arrêter là. En effet, il faudra ensuite chiffrer la démolition du bâtiment et surtout le désamiantage de la toiture. La facture pourrait s'élever à 80 000 € de plus.
C'est ce que Didier Gaffard a défendu avec beaucoup de conviction lors du conseil municipal. Hélas une fois de plus la majorité a rejeté ces propositions afin de privilégier l'intérêt particulier à l'intérêt général et ceci bien évidemment aux frais du contribuable.
Lundi dernier, nous étions 6 à voter contre cette délibération qui méprise au plus haut point les intérêts de notre commune et de ses habitants.
Du côté de la majorité pas un seul de ses membres, autour de la table, n'a eu le courage de dénoncer cet abus ou au moins de s'abstenir.
Serait-ce la traduction d'une très grande naïveté ou bien sont-ils bâillonnés au point d'avoir perdu le plus grand des privilèges : la liberté d'expression ?
