
Un théâtre de 500 places, 35 logements, une place des Artistes, environ 900 m2 de surface commerciale, le tout sur un terrain de 6000 m2 inséré entre voiries et constructions existantes. Voilà le résumé du grand projet de mandat porté par la seule majorité municipale.
Pour notre part, à l'aune du simple bon sens, nous restons très dubitatifs quant à ce choix. Voici les raisons de nos craintes :
Pertinence du projet : la majorité met régulièrement en avant que la salle des fêtes, dont la capacité d'accueil est d'environ 1200 places, n'offre pas les qualités acoustiques et fonctionnelles que l'on peut attendre pour des spectacles de musique ou de théâtre. Or il parait que le service Vie de la Cité refuse du monde au concert du nouvel an. Ce seul spectacle fait salle comble sur les deux séances (soit 1600 personnes au total). Comment va-t-on désormais gérer la demande avec une nouvelle salle de seulement 500 places ? S'achemine-t-on doucement vers un "tri sélectif" des candidats ou prévoit-on de faire trois à quatre concerts sur une ou plusieurs journées ? Quelle est la pertinence d'une telle salle alors que la population d'Onet le Château et du Grand Rodez continue de croître et que l'on trouve à moins de trois kilomètres une salle de spectacles d'une capacité d'accueil trois fois supérieure ? A Onet le Château, la culture va-t-elle rester accessible au plus grand nombre avec une salle plus petite ?
Choix de l'emplacement: la majorité prétend faire de ce projet l'axe de centralité de la commune qui, selon elle, n'a jamais existé. A qui peut-on faire croire que le boulevard des Capucines qui regroupe le collège, le foyer des jeunes travailleurs, la Maison pour Tous qui abrite aujourd'hui une MJC, le centre social, la maison des aînés, l'école publique des Narcisses, l'école publique du Stade, le restaurant scolaire, la piscine, la médiathèque, le stade Georges Vignes, la salle des fêtes, le hall EDF, les courts de tennis couverts et de plein air, ne constitue pas le vrai pôle central socio-culturel, sportif et éducatif de notre ville.
Ce n'est pas avec un équipement public "engané" sur un terrain "riquiqui" que l'histoire urbanistique de la ville va pouvoir être réécrite.
Impact sur le voisinage : Ce projet a été élaboré sans concertation. La minorité a été d'emblée exclue de la réflexion décision unilatérale alors qu'elle avait tiré la sonnette d'alarme suffisamment tôt et proposé des pistes de réflexion intéressantes (cf les procès verbaux de nos interventions lors des conseils municipaux des 21.12.2009 et 29.03.2010).
Les riverains qui avaient fait le choix d'un quartier résidentiel pavillonnaire, n'ont jamais été consultés. Aucune véritable information ne leur a été donnée sur la transformation qu'allait subir leur cadre de vie.
Ils devront désormais composer avec les nuisances liées à l'absence de places de parking en nombre suffisant pour le théâtre. En effet, qui dit 500 places dit au moins 300 véhicules qui vont occasionner des désagréments liés à un stationnement anarchique. Le va et vient des camions nécessaires au transport des décors, équipements et divers matériels viendront eux aussi perturber la quiétude du quartier. Bien que le projet soit étriqué, les conséquences néfastes n'en seront pas pour autant réduites.
Montage juridique et administratif: Ce projet qui va coûter à la commune 8,5 millions d'euros a fait l'objet d'un montage juridique particulier, à savoir, un contrat VEFA (Vente en l'Etat d'Achèvement). En clair, la commune a acheté les murs du théâtre (autrement dit une coque vide) à un promoteur immobilier ; de la même manière qu'un particulier achète un logement dans un immeuble en construction.
Ce montage juridique n'a donné lieu, à notre connaissance, à aucune mise en concurrence , ni à aucune expertise foncière du prix à payer au promoteur. C'est pourtant d'argent public qu'il s'agit...
Quelle que soit la procédure retenue, une chose est sûre, il y aura pour les contribuables un prix à payer qui sera d'autant plus lourd que le montant des subventions attendu est loin..., très loin d'être acquis.
Nous vous suggérons lors de vos promenades dominicales de vous rendre, chemin faisant, sur le site route d'Espalion pour juger de visu de la pertinence de notre scepticisme.
